Extraits du spectacle Parades & Changes d'Anne Collod ; 27 avril 2017

VIVRE L'ART SUR SCÈNE, LES FORMES PROSPECTIVES DE LA REPRÉSENTATION ET DE LA PERFORMANCE

Au cours de l’année 2017, les Spectacles vivants ont présenté des créations scéniques audacieuses qui renouvellent les enjeux conceptuels et formels des arts de la scène en croisant les sources, les influences et les disciplines.

Le public se trouve au cœur de ce laboratoire artistique. Ainsi, La Ribot a invité le spectateur sur le plateau à découvrir une sélection de ses Pièces distinguées, où le corps, sous ses différentes identités se confronte à l’objet. Alexandra Bachzetsis a proposé avec Massacre : Variations on a Theme une performance hypnotique et dense, mélangeant des références anthropologiques à la culture des danses populaires, où musiciens, danseurs et public partageaient le même espace scénique. Avec Extra Shapes, DD Dorvillier a déconstruit les relations entre lumière, son et mouvement, en invitant l’observateur à se déplacer autour de la scène pour éprouver des expériences sensorielles inédites.

En s’appuyant sur la question de l’héritage artistique, les chorégraphes et metteurs en scène formulent de nouvelles approches esthétiques. Ainsi Gwenaël Morin a retravaillé le répertoire classique en s’attaquant à quatre pièces de Molière et en utilisant des moyens scéniques volontairement épurés. L’hommage rendu à l’œuvre d’Alain Buffard cet automne offrait l’occasion de remonter la puissante pièce Les Inconsolés au Centre Pompidou. Catherine Legrand a recréé Jours étranges de Dominique Bagouet, tandis qu’Anne Collod a réadapté Parades & Changes, monument de la danse post-moderne américaine d’Anna Halprin. Enfin, Jérôme Bel est revenu sur son Pichet Klunchun and myself, pièce fondamentale du mouvement de la non-danse, montrée dix ans auparavant au Centre Pompidou.

Des expositions chorégraphiées

Plusieurs projets s’inscrivent dans le dialogue fécond entre les arts vivants et les arts plastiques. 
Performing Art de Noé Soulier est une exposition chorégraphiée intégrant un nouveau dispositif dans sa mise en scène, pour expérimenter les arts visuels. Un choix d’œuvres des collections du Centre Pompidou se déplace, s’installe, se manipule et se démonte sur scène, sous les yeux du public. Les gestes précis sont ceux d’accrocheurs professionnels d’œuvres d’art. Les contraintes temporelles et visuelles qui sont propres au spectacle dévoilent des facettes inédites des œuvres de la collection, et stimulent chez le spectateur une nouvelle forme de contemplation. Suivant rigoureusement un protocole d’installation d’exposition, Performing Art est une investigation scénique de la matérialité et de l’aura de l’œuvre d’art, de la nature et la visée du geste chorégraphique, lorsque les deux s’inscrivent dans un même cadre, celui de la performance.
Inversement, plusieurs projets se sont déroulés dans les salles d’exposition, instaurant ainsi une synergie avec les œuvres d’art qui côtoient les performeurs : Gerard & Kelly ont déployé leur performance évolutive et intimiste Timelining près des collections modernes du Musée national d’art moderne, tout comme Christian Rizzo, avec sa chorégraphie minutieuse et méditative Comme crâne comme culte (opération réalisée en partenariat avec Parades for Fiac)

L’année 2017 a également été l’occasion de dresser un panorama des recherches dans le champ des musiques actuelles. En complément des concerts de musique contemporaine présentés avec l’Ircam, ont été invités des groupes de la jeune scène française, comme Théodora/Rendez-vous, aussi bien que l’invitation faite à Peter Von Poehl qui a permis d’élargir son univers musical à travers une création scénique inédite en collaboration avec le vidéaste Sébastien Dupouey.

La Nòvia a interrogé les codes de la musique minimale de Terry Riley en la réadaptant pour une instrumentation traditionnelle et régionale. 

Proposée dans le cadre de la manifestation « Mutations / Créations », la soirée Ircam Live a invité des artistes émergents à mettre en pratique leurs innovations issues d’un laboratoire de recherche, avec cette année Tarek Atoui, Giulio Colangelo et Valerio De Bonis et Florian Hecker.

Fanny de Chaillé
Les Grands
20-23 septembre 2017

Tous les âges, du berceau à la tombe, participent de l’humanité. À chaque âge, son langage. Dans Les Grands, Fanny de Chaillé réunit neuf acteurs jouant les mêmes rôles : trois enfants, trois adolescents, trois adultes. Le temps de la pièce, il est donné au spectateur la possibilité de voir grandir ces Hommes. Les Grands apportent un éclairage sur ce qui nous constitue, sur l’impact présent de nos expériences passées, sur nos devenirs. Les enfants sont silencieux, réduits à l’onomatopée, comme le veut souvent la tradition occidentale ; sans paroles, ils pensent leur monde. Les adolescents pensent comme ils parlent, avec une langue slogan pour se faire entendre du monde. Les adultes, en l’occurrence comédiens, parlent sans discontinuité et récitent un discours normé. Comment en est-on arrivé là ? Parce que le langage est sans fin, tout l’enjeu des Grands se situe à cette jonction délicate, où un rien suffit à créer un nouveau langage. 

   Extraits du spectacle Les Grands de Fanny de Chaillé. © Marc Domage

Extraits du spectacle Les Grands de Fanny de Chaillé. © Marc Domage

Extraits du spectacle Les Inconsolés d'Alain Buffard ; 11 octobre 2017. © Marc Domage
Extraits du spectacle Les Inconsolés d'Alain Buffard ; 11 octobre 2017. © Marc Domage#
Extraits du spectacle Parades & Changes d'Anne Collod ; 27 avril 2017. © Centre Pompidou, MNAM-CCI / Photo : H. Véronèse
Extraits du spectacle Parades & Changes d'Anne Collod ; 27 avril 2017. © Centre Pompidou, MNAM-CCI / Photo : H. Véronèse
Extraits du spectacle Parades & Changes d'Anne Collod ; 27 avril 2017. © Centre Pompidou, MNAM-CCI / Photo : H. Véronèse#
Extraits du spectacle La Nòvia de Terry Riley ; 5 mai 2017. © Centre Pompidou, MNAM-CCI / Photo : O. Bariol
Extraits du spectacle La Nòvia de Terry Riley ; 5 mai 2017. © Centre Pompidou, MNAM-CCI / Photo : O. Bariol#

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